Interview : Lise Bartoli Psychologue, sexologue et clinicienne spécialiste des femmes enceintes. 


Qu’est-ce que l’hypnonatal ?

Lise Bartoli : C’est une méthode basée sur l’hypnose ericksonienne, mon outil principal en cabinet. L’hypnose thérapeutique permet, dans un état modifié de conscience, de régler des problématiques comme l’addiction au tabac, le manque de confiance en soi ou encore l’insomnie. Pour les femmes enceintes, nous travaillons essentiellement sur l’appréhension d’accoucher et la gestion de la douleur. Trois séances suffisent. Elles s’entraînent ensuite seules à la maison.

Quel est l’objectif de l’hypnose pour une femme enceinte ?

L.B. : Le but est de vivre une grossesse sereine, en lien avec le bébé pour aboutir à un accouchement maîtrisé et non subi. Certaines auront encore besoin de la péridurale pour se rassurer, mais elles accoucheront comme elles le désirent, ne serait-ce que par la position qu’elles choisiront.

Comment l’hypnose donne-t-elle cette force mentale ?

L. B. : En renforçant l’assurance de la future maman. Je travaille beaucoup sur la confiance que les femmes ont en elles, la capacité d’enfanter, d’aller chercher des ressources intérieures.

Comment y parvient-on et que ressent-on ?

L. B. : L’hypnose permet de toucher l’inconscient. L’auto-hypnose, ma méthode, permet aux femmes d’entrer seules dans cet état. Elles n’ont plus besoin de moi à l’accouchement. L’hypnose est un état modifié de conscience, tout à coup, vous avez les images qui flottent un peu. Eh bien, on va provoquer cet état en relâchant totalement le corps. Au niveau mental, on évoque une sensation très agréable en se projetant dans un endroit apaisant, un lieu de bien-être, où l’on se rendra à chaque hypnose.

Comment se déroule l’accompagnement d’une femme enceinte ?

L. B. : Les femmes enceintes commencent à 4 ou 5 mois de grossesse. Le programme
compte généralement 3 séances. Chaque fois, elles repartent avec un CD pour pratiquer l’auto-hypnose
au son de ma voix. Il y a trois phases minimums : l’acclimatation à l’hypnose, le travail sur l’estime de soi et l’apprentissage du processus anti-douleur. Le futur papa est le bienvenu pour soutenir la maman dans cette démarche. Lors de la dernière entrevue, nous travaillons sur la communication mère/enfant, mais aussi sur les peurs : l’accouchement, la césarienne, la mort d’enfants… On se projette à l’hôpital
avec le bébé pour que l’inconscient enregistre des visions positives. On apprend aussi à activer le processus anti-douleur pour les contractions hyper puissantes.

Que se passe-t-il lors de l’accouchement ?

L.B. : L’inconscient a enregistré tout cela. La future maman est capable de rejoindre rapidement un état de bienêtre. Au moment de l’accouchement, les rôles sont inversés : le corps crée une force puissante, nécessaire pour guider le bébé. Mais on n’a pas envie d’avoir mal. On réactive donc, au niveau inconscient, des images mentales pour s’apaiser. La femme est dans l’avancée de l’arrivée de bébé et non dans la douleur.

A savoir : il n’y a pas de danger pour la femme enceinte de faire de l’hypnose. Il n’y a pas de lien entre les risques potentiels de l’hypnose et la grossesse. Seules les personnes atteintes de troubles nerveux ou psychiques doivent être vigilants.

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Karin Alaman

Karin Alaman

Mettre au monde avec l’hypnose
Permettre à la femme de retrouver son autonomie pour son accouchement en tant que mère

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