L’accouchement sous hypnose, en douceur et sans douleur

L’hypnose fait l’objet de plusieurs recherches scientifiques. Actuellement, Christine Morin, également doctorante en neuropsychologie, et le Professeur Antoine Bioy explorent au sein du Laboratoire de neuro-psychologie de Paris 8, la contribution de l’hypnose sur la douleur de l’accouchement. La finalité est de démontrer pourquoi l’hypnose est un processus central dans la gestion de la douleur de l’accouchement.  

Guide Femme Enceinte
https://www.journaldesfemmes.fr/maman/grossesse/2070855-accouchement-sous-hypnose/
Anaïs Thiébaux, 5.3.2019


La préparation à l’accouchement sous hypnose est un accompagnement personnalisé qui exclut toute pression et qui s’adapte aux besoins, aux objectifs et au rythme de la femme enceinte. Comment s’y mettre ? Quand commencer ? Des experts nous répondent.

Le but de l’accouchement sous hypnose ? Écouter les besoins de son corps, ses émotions, et faire confiance aux processus physiologiques qui ont lieu naturellement pendant la naissance. Comment se déroule une séance ? Quand commencer ? Cette méthode s’adresse-t-elle à toutes les femmes enceintes ? Combien de séances sont nécessaires pour une préparation prénatale efficace ? Réponses. Qu’est-ce que l’accouchement sous hypnose ?

Qu’est-ce que l’accouchement sous hypnose?

La patiente va apprendre à utiliser une capacité cognitive afin de se mettre, lorsqu’elle le souhaite, dans cet état particulier qu’est l’hypnose. Cela va lui permettre de gérer les sensations qu’elle va ressentir au moment de la naissance, en fin de grossesse ou pendant le travail. Mais un accouchement sous hypnose, ça se prépare ! Alors, à partir de quel mois peut-on commencer ? “Il n’y a pas de règles dans l’accouchement sous hypnose. En effet, cette méthode de préparation à la naissance s’adapte à chaque femme : certaines femmes enceintes peuvent ressentir le besoin de rencontrer une sage-femme pratiquant l’hypnose très tôt, aux alentours du deuxième ou du troisième mois de grossesse et d’autres préfèrent commencer ce travail de préparation lors du troisième trimestre de grossesse“, explique Christine Morin, sage-femme, hypnothérapeute et acupuncteur.

Comment se déroule une séance?

La première séance repose essentiellement sur un échange entre le thérapeute et la future maman” explique la sage-femme. Avant de faire une séance d’hypnose, il faut avoir rassuré la patiente et surtout, avoir bien cerner sa demande. Pour certaines femmes, il s’agira d’apprendre à gérer la peur, pour d’autres, d’accepter de lâcher-prise ou pour quelques unes, une volonté d’accoucher sans péridurale. La sage-femme va alors lui poser des questions sur ses antécédents familiaux, sur ses doutes, sur ses appréhensions (peur d’accoucher, peur de la douleur, peur de l’inconnu, peur de devenir maman…), sur ses objectifs ou encore, sur ce qui la met mal à l’aise. Ensuite, elle va s’intéresser aux façons dont la patiente se ressource habituellement, ce qui lui fait du bien. “Cela peut être le fait de se balader en forêt, d’écouter de la musique, de visiter un autre pays, de lire un roman...”. La sage-femme va alors se servir de sa façon de se ressourcer pour construire une histoire hypnotique, une histoire personnelle et unique qui va appartenir à la patiente. Au fur et à mesure des séances, l’hypnothérapeute va apprendre à la patience à pratiquer l’auto-hypnose. Il va s’agir d’utiliser des stratégies pour que la femme soit capable, au moment où elle le souhaite, de se mettre intentionnellement dans un état d’hypnose. Pour cela, le thérapeute va aider la patiente à trouver un “lieu de sécurité” : un lieu dans lequel elle se sent bien et qu’elle pourra visualiser lors d’une situation inconfortable. Là encore, la  patiente est aussi accompagnée pour trouver ses “éléments-ressources” : cela peut être une couleur, un sentiment, une passion, un souvenir personnel, une sensation de force… A noter que le programme des séances s’articule différemment selon chaque femme. Pour autant, il est recommandé de faire une séance de préparation du périnée en hypnose. Enfin, tout ce qui a été appris pendant la préparation prénatale revient naturellement (et de manière différente d’une femme à l’autre) le jour de l’accouchement. 

Le père, un relais entre le thérapeute et la future maman

La femme peut venir ou non accompagnée du papa (ou du compagnon de naissance). Il est toutefois préférable que le conjoint soit présent lors d’une séance afin de lui instaurer des techniques physiques tels que des massages, des stimulations de points d’acupuncture à des endroits spécifiques en rapport avec l’accouchement. Cela permet également de rassurer le futur papa sur l’importance de sa présence auprès de sa compagne. “Bien souvent, la femme enceinte est rassurée par la personne qui semble le moins compétent, à savoir le futur papa, dont la présence est la plus sécurisante pour elle“, précise Christine Morin. En somme, le père constitue un relais entre le thérapeute et la future maman. 

Pour qui?

Elle s’adresse à toutes les femmes et particulièrement celles qui veulent un accouchement le moins médicalisé possible. Il y a toutefois deux situations où l’hypnose est contre-indiquée : “le manque de formation sérieuse du praticien et si la patiente souffre de troubles psychotiques”, conseille la sage-femme. La sage-femme peut néanmoins contacter le psychiatre de la patiente et voir si la pratique de l’hypnose peut tout de même être envisageable et avec quel thérapeute. Mais qui dit accouchement sous hypnose ne signifie pas forcément un bannissement total d’interventions médicales : cette méthode est compatible avec une péridurale (même si le recours à la péridurale est extrêmement rare lorsqu’une femme pratique un accouchement sous hypnose). De même, si la césarienne est programmée, le recours à l’accouchement sous hypnose permettra alors de réduire le stress et d’appréhender cet acte avec moins de peur et plus de recul.

Surtout, cette méthode envisage l’accouchement comme un moment positif et calme. En ce sens, le choix des mots est important : on ne parlera pas de “contractions” qui induisent une idée de tension ou de crispation, on préférera parler de “vague” ; on ne dira pas “accouchement”, mais plutôt “naissance” ; on délaissera les termes “dilatation du col” au profit “d’ouverture du col”… Pour se sentir apaisé et éliminer toutes les peurs liées à la naissance, le vocabulaire utilisé doit être le plus positif et imagé possible. 

Article tiré du site internet: journaldesfemmes.fr

 

 

 

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Karin Alaman

Karin Alaman

Mettre au monde avec l’hypnose
Permettre à la femme de retrouver son autonomie pour son accouchement en tant que mère

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